Aller au contenu

Construire avec du petit bambou

Une approche par l’expérimentation du matériau

L’architecte colombien Simon Velez a construit en juillet 2018 à Arles un pavillon en bambou importé de Colombie. Est-il judicieux d’utiliser du bambou colombien à Arles alors qu’à quelques kilomètres se trouve la plus grande bambouseraie d’Europe à Anduze ?

De ce constat, j’ai étudié un bambou français de petit diamètre. L’objectif de ce mémoire est de déterminer dans quelle mesure et sous quelles conditions du bambou français, commun et donc facilement accessible, serait apte à la construction. Pour cela, du bambou sec du Val-de-Marne a été sélectionné, un banc à tirefort a été construit pour étudier le comportement du bambou à la compression et au flambement.

Il apparait qu’en l’état, la variété étudiée n’est pas apte à remplacer le bambou venant du continent Sud-américain, essentiellement à cause de sa très faible résistance au flambement. On propose donc pour pallier cette insuffisance, de lier les bambous à la manière d’un fagot avec des colliers de serrage à intervalle régulier précis.

Année : 2019

A material experimentation approach

The Colombian architect Simon Velez built in July 2018 in Arles a bamboo pavilion imported from Colombia. Is it wise to use Colombian bamboo in Arles while a few kilometres away is the largest bamboo plantation in Europe in Anduze?

From this observation, I studied a French bamboo of small diameter. The purpose of this brief is to determine to what extent and under what conditions French bamboo, common and thus easily accessible, would be suitable for construction. For this, dry bamboo from Val-de-Marne was selected, a pull bench was built to study the behaviour of bamboo in compression and buckling.

It appears that, as it stands, the variety studied is not suitable to replace bamboo from the South American continent, mainly because of its very low resistance to buckling. It is therefore proposed to compensate for this deficiency, to bind the bamboos in the manner of a bundle with clamps at precise regular intervals.

 

Un enfoque mediante la experimentación del material

El arquitecto colombiano Simon Velez construyó en julio de 2018 en Arles un pabellón de bambú importado de Colombia. ¿Es sensato utilizar bambú colombiano en Arles cuando a pocos kilómetros se encuentra el bambusal más grande de Europa en Anduze?

Por eso estudié un bambú francés de pequeño diámetro. El objetivo de esta memoria es determinar en qué medida y bajo qué condiciones el bambú francés, común y por lo tanto fácilmente accesible, sería apto para la construcción. Para ello, se seleccionó el bambú seco de Val-de-Marne, se construyó un banco de tiro para estudiar el comportamiento del bambú a la compresión y al pandeo.

Parece que en este estado, la variedad estudiada no es apta para sustituir al bambú procedente del continente sudamericano, principalmente por su muy baja resistencia al pandeo. Para paliar esta insuficiencia, se propone unir los bambúes a la manera de un fagot con collares de sujeción a intervalos regulares precisos.

 

Limite à la compression

pour en savoir plus

Matériel et méthodes

Des bambous de 10 à 120cm sont testés en compression. On cherche à déterminer à partir de quelle longueur le bambou commence à flamber.

On utilise une presse hydraulique et un tire fort pour les bambous de plus de 50cm de long.

Résultats

On lit sur le graphique qu’entre 0cm et 20cm, la force maximale est constante à la rupture à 35 KN : le bambou est en compression pure.

Entre 20cm et 40cm, on constate que la force maximale diminue fortement, le comportement du bambou à la compression change, on passe de la compression pure au flambement.
Cette courbe nous montre aussi qu’à partir de 1.20m la force de flambement n’évolue quasiment plus.
L’expérimentation est cohérente avec les calculs précédents. Le phénomène de flambement apparaît sur les bambous de 3,4cm de diamètre à partir d’une longueur d’environ 30 cm.